La désunion ne fait pas la force

L’anecdote se passe dans les années 90. Vous en avez peut-être connu de similaires.

Le secteur international de la gestion déléguée de l’eau est alors dominé par les entreprises françaises, trois groupes caracolent en tête s’appuyant sur une expérience acquise pendant un siècle de développement continu. Ils sont deux très gros, et un moins gros, mais ce dernier est maintenant adossé à un leader mondial du BTP.

Le mur de Berlin vient de tomber et de nouveaux marchés s’ouvrent en Europe de l’Est. Il y en aura pour tout le monde, vu l’état de délabrement des services publics dans l’ancien bloc communiste. Tout le monde se précipite et joue des coudes, c’est normal. L’appel d’offres pour la gestion du service d’eau de la ville de Bucarest est lancé, avec le soutien et des financements de la Banque Mondiale. Ce marché ne peut pas échapper aux Français, dans un pays que nous connaissons bien.

La SAUR, pour ne pas la nommer est désignée vainqueur en conseil municipal. Son concurrent principal, la puissante et vénérable Générale des eaux, réussit à faire annuler la délibération municipale. Vexé, le challenger remonte au créneau, améliore son offre, corrige les erreurs de forme, et est à nouveau désigné vainqueur et titulaire du marché. Dans ses rangs, on prépare les équipes, des cadres sont envoyés apprendre le roumain… Coup de théâtre, la CGE manœuvre et fait casser une deuxième fois la décision…

L’histoire ne s’arrête pas là, puisqu’elle va connaitre huit épisodes identiques, nous avons bien dit huit fois un groupe français est désigné vainqueur, huit fois un autre groupe français lui a barré la route!!!

Et cette bataille d’ego a connut une conclusion à laquelle on pouvait s’attendre. De guerre lasse, le conseil municipal a choisi un groupe anglo-saxon, bien moins expérimenté, mais surpris et ravi de se bâtir une référence dans une capitale de plusieurs millions d’habitants.

On a parfois l’impression que cette spécialité est bien ancrée dans notre culture, d’entreprises, de syndicats, de partis politiques, d’associations, etc…

En cette fin d’année, souhaitons que le renouveau impulsé par  IESF depuis quatre ans pour défendre collectivement le rôle et le poids des Ingénieurs et Scientifiques dans la société française se poursuive dans un esprit différent de notre anecdote. Comme dans tout sport collectif, il faut s’appuyer d’excellents individualités pour être dans la course. Pour gagner, il faut rester solidaire, en défense comme en attaque. La voix  de IESF , à Lyon comme ailleurs, ne deviendra perceptible que si ces conditions sont respectées dans les décisions que nous prenons et les actions que nous menons.

La voix d’une Union Régionale.

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